Brésil: nouveau raid policier sanglant dans une favela de Rio

Une opération policière a fait 11 morts dans la favela de Vila Cruzeiro à Rio de Janeiro mardi. La police n’a pour l’instant fait état d’aucune arrestation.
24 mai 2022, 21:49
Des habitants protestent après une descente de police ayant eu lieu mardi dans la favela de Vila Cruzeiro à Rio de Janeiro.

Une opération policière musclée a une nouvelle fois fini en bain de sang dans une favela du nord de Rio de Janeiro, faisant 11 morts, dix suspects et une habitante tuée par une balle perdue, mardi, un an après le raid des forces de l’ordre le plus meurtrier de l’histoire de la ville.

La police militaire, qui mène fréquemment ce genre d’opérations matinales dans les favelas de Rio contre les narcotrafiquants, assure avoir été accueillie par des tirs alors qu’elle entamait une opération destinée à «localiser et capturer des criminels cachés dans la favela» de Vila Cruzeiro.

«C’était une opération prévue depuis des semaines, mais nous avons identifié des déplacements de criminels pendant la nuit et nous avons décidé d’intervenir», a expliqué le colonel Luiz Henrique Marinho Pires, qui a précisé que les suspects s’apprêtaient à fuir vers une autre favela.


Aucune arrestation

L’opération, qui a débuté vers 04h00 (09h00 suisse) visait mardi particulièrement le «Comando Vermelho» (commando rouge), l’une des principales factions criminelles du Brésil «responsable de plus de 80% des fusillades à Rio», a déclaré un porte-parole de la police à TV Globo.

Treize fusils d’assaut, quatre pistolets, vingt motos et dix voitures ont été saisis lors de l’opération, mais la police n’a pas fait état de la moindre arrestation.

Pas de caméras sur les uniformes

La police brésilienne est l’une de celles qui tue le plus au monde, avec plus de 6100 morts en 2021, soit 17 par jour en moyenne.

Les policiers de Rio étaient censés porter des caméras-piétons sur leurs uniformes à partir de ce mois de mai, mais l’utilisation de ce matériel a été reportée en raison de retards de livraison, selon la presse locale.

par Keystone - ATS